L’écrevisse (2): en Europe

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l’écrevisse noble (Astacus astacus)

  • En Europe, on trouve sept espèces d’écrevisses des genres Astacus and Austropotamobius.
  • L’écrevisse à pattes rouges (Astacus astacus ; ci-dessus) ...également appelée l’écrevisse noble - on la trouve essentiellement en Europe centrale ;

  • L’écrevisse à pattes blanches (Austropotamobius pallipes) ...en Europe occidentale ;

 

 

  • L’écrevisse à pattes grêles (Astacus ou Pontastacus leptodactylus) ...c’est l’écrevisse du Danube ou de Turquie (Europe orientale) qui a été introduite en France dans les années 1960  - c’est également l’écrevisse de Galicia à pinces étroites.

 

 

  • L’écrevisse de torrent (Austropotamobius torrentium) ...en Europe centrale ;

 

 

 

 

  • L’écrevisse américaine (Faxonius ou Orconectes limosus) ...qu’on retrouve en Bourgogne depuis le début des années 2000.

 

 

  • L’écrevisse calicot (Orconectes immunis) ...également originaire d’Amérique du nord, introduite en Europe et qui a colonisé le Rhin.

 

 

Malheureusement, depuis le XIXè siècle, beaucoup d’espèces se sont effondrées, soit par pollution et contamination, soit par maladie, comme la peste de l’écrevisse (oomycètes, ou mycoses/champignons aquatiques, Aphanomyces astaci) et les bactérioses septicémiques (des types Pseudomonas sp.). Beaucoup d’écrevisses ont été plus récemment importées de Turquie.

C’est ainsi, qu’on a introduit l’écrevisse rouge de Louisiane (Procambarus clarkii). Toutefois, cette espèces est très agressive, possède la capacité de s’adapter à un environnement plus pollué et se reproduit facilement. Par conséquent, elle est devenue envahissante et est aujourd’hui en France ...mal aimée. La législation française s’en est même mêlée pour protéger les quelques espèces autochtones (Austropotamobius pallipes, Astacus astacus, Astacus leptodactylus et Austropotamobius torrentium). Des arrêtés départementaux ont sévèrement réglementé, voire interdit, certaines espèces introduites.

On peut comprendre une telle attitude, néanmoins d’un point de vue purement « exploitable » Procambarus clarkii est pourtant la seule espèce qui offre de nos jours un potentiel réel de business afin de fournir de façon perenne un crustacé fort apprécié des gastronomes.

Bien entendu, des exigences peuvent être émises pour prévenir son expansion de façon incontrôlée (et protéger d’autres espèces plus fragiles), mais certaines mesures devraient être levées pour pouvoir déplacer des géniteurs par des professionnels éduqués et responsables afin de commercialiser cette espèce. Car dans notre pays, il y a suffisamment d’espaces pouvant les accueillir, afin de valoriser certaines régions moins favorisées sur le plan des ressources naturelles.

A mon humble avis, étant donné la quantité de problèmes affectant les espèces authoctones (délicatesse d’élevage, susceptibilité aux maladies, production inférieure d’œufs, etc.), on devrait pouvoir utiliser cette espèce qui a déjà montré ses capacités d’exploitation à grande échelle, notamment en Amérique du Nord et en Chine.

Toutefois, il faut reconnaître que beaucoup d’espèces locales sont également fort mal connues d’un point de vue biologique. Ainsi, depuis quelques années, des efforts ont été effectués afin de solutionner le contrôle sur la reproduction des espèces européennes et établir un mode d’élevage qui soit plus rentable ! On a notamment constaté qu’en associant des écrevisses avec certaines cultures, comme les rizières et quelques petits poissons, cela pouvait devenir intéressant sans exagérer leur densité. Par contre, l’intensification des écrevisses natives est encore loin d’être évidente pour plusieurs raisons :

  • Depuis quelques années, la plupart de ceux qui se sont engagés dans la filière sont essentiellement des producteurs familiaux qui profitent d’une opportunité pour se lancer afin de pouvoir arrondir leurs fins de mois. C’est le cas de quelques pisciculteurs, agriculteurs ou autres professionnels possédant des terres propices à l’élevage de cet intéressant crustacé et qui sont (ne l’oublions pas) capables d’absorber d’éventuels imprévus financiers. Tous comptent bien entendu leurs dépenses (achats, acquisition d’équipements, aliment, appâts, etc.), mais aucun ne chiffre les (nombreuses) heures passées au service de cette nouvelle activité. Donc, la nouvelle activité paraît intéressante, mais si vous deviez considérer le temps consacré à cet élevage ...la rentabilité disparaît dans la plupart des cas !

  • D’autre part, les institutions publiques de recherche et d’éducation supérieures qui s’y intéressent essaient de solutionner tous ces manquements et proposent des solutions-modèles d’élevages originaux. Mais, force est de constater que c’est le secteur privé directement impliqué qui devra proposer une solution plus réaliste, étant donné qu’il connaît la vrai valeur de l’investissement (il a toujours dû se battre pour sortir à flot ce qu’il entreprenait ...sinon il coule ...ce que le secteur public ne réalisent pas toujours). Toutefois, initier une activité nouvelle de ce type avec l’aide d’une rentrée d’argent mensuelle générée (par exemple) par un statut d’employé dans une institution ou entreprise indépendante, n’est bien souvent pas suffisante. L’expérience ne donne généralement qu’un sentiment de sécurité qui rarement aboutit à quelque chose de « concret » sur le terrain s’il n’est pas doté dans tous les cas d’une réelle motivation, un engagement ou investissement personnel !

  • Là où le secteur public peut jouer un vrai rôle intéressant est l’étude plus précise d’un nombre de détails techniques. Cela prend toute son importance lorsque vous souhaitez élever dans de meilleurs conditions, de façon plus saine et peut-être de manière plus intensive ...même si dans ce dernier cas, de très sérieuses réserves doivent être émises. En effet, l’intensification (comme le souhaite le commerce, l’industrie et l’administration pour des motifs lucratifs évidents) n’apporte que des produits de qualité inférieure. L’observation a montré dans bien des cas que des animaux élevés plus naturellement étaient bien meilleurs pour notre santé que tous ceux issus d’exploitations intensives.

    Ainsi, pour rendre l’élevage des écrevisses plus attractif d’un point de vue investissement, plus d’effort sont encore nécessaires notamment dans le soin à donner aux géniteurs (comme une alimentation particulière), la production et survivance plus précises d’œufs par femelle, les besoins nutritionnels plus spécifiques au niveau larvaire et en croissance (adultes), l’amélioration de la survivance durant le cycle larvaire (réduire la mortalité), une méthode plus efficace de récolter les animaux commercialisables, la mécanisation du traitement industriel, etc. En d’autres mots, s’attaquer aux coûts de revient plus élevés qui restent encore des gouffres d’investissement en France et à cause du système dans lequel nous vivons (difficulté de trouver l’environnement idéal, exigences sanitaires, conditions administratives et fiscales des entreprises, etc.). Enfin, il est toujours intéressant d’en savoir plus sur les maladies qui peuvent affecter les écrevisses ...ne fût-ce que par mesure préventive (développer un cheptel sain). Mais la réalité est que lors d’une épizootie aquatique, on perd le cheptel dans 99 % des cas. Alors, soit vous abandonnez l’activité, soit vous recommencez une seconde fois ...si vous avez les reins solides !

  • Comme dit plus haut, le secteur privé sera mieux à même à définir la partie pratique d’agir, pour atteindre les conclusions de pareilles études, et l’investissement, pour rendre l’activité rentable. Malheureusement, un constat se fait sentir en Europe: il y a trop peu de collaboration entre les universités et l’industrie. La plupart du temps, on souhaite sans cesse se protéger ...d’où tous ces secrets et obstacles pour informer les autres. Cela ne favorisent certes pas le développement de secteurs au potentiel énorme. Pourtant, une attitude plus coopérative pourrait sans aucun doute engendrer des apports économiques et des emplois supplémentaires sur notre vieux continent ...qui peine, avouons-le, face à d’autres coins du monde qui savent profiter de leurs recherches ou opportunités régionales.

  • Enfin, les écrevisses expérimentent plusieurs obstacles, parmi lesquels :

          - Elles font souvent l’objet de préhension sans aucun contrôle (pas de protection sur

            le terrain).

          - Destruction de leurs endroits natifs qu’on affecte plus facilement à des zones urbaines, comme

            la construction de maisons, routes, canalisations évacuation des eaux usées, récupération de

            terrains marécageux, etc. ;

          - Compétition avec d’autres espèces envahissantes et l’expansion (développement intensif) de

            l’agriculture ;

          - Espèces faisant l’objet de prédateurs nouveaux ;

          - Pollutions chimiques difficilement maîtrisables : c’est notamment le cas de nombreux médicaments

            qui traversent non-traités les stations d’épuration (traitement des eaux résiduaires et industrielles):

            ces substances dérèglent les cycles biologiques (difficultés de reproduction/influence sur la

            maturation des gonades, mutations, déplacements de lieux de fréquentation, etc.).

          - Effets climatiques indésirables : amplification des périodes de sécheresse, pluies

            diluviennes, baisses fréquentes de température, grêles et gelées inappropriées

            ...qui perturbent les milieux et leurs communautés.

Malgré tous ces obstacles, la France et la Suède font beaucoup d’efforts pour remettre en vigueur l’exploitation, notamment de l’écrevisse noble qui, sans aucun doute, est un véritable indicateur d’environnement sains.

 

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