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Huîtres & Crevettes

Immunité & vaccination des poissons (b)

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     Les poissons peuvent être immunisés selon plusieurs voies : l'injection, la balnéation (les plonger dans un ou plusieurs bains) et l'administration orale.

     En aquaculture, certains vaccins sont utilisés par injection dans le cas d’animaux spécifiques et uniques, comme des géniteurs, poissons de collection ou spécimens peu nombreux. La technique de la vaccination individuelle par injection est intra-péritonéale4 et peut renforcer la qualité de l'immunité des autres méthodes utilisées.

     Toutefois quand il s’agit de masse, cette méthode est très laborieuse d’un point de vue logistique étant donné que les poissons doivent être vaccinés un par un : cela implique beaucoup d'investissements et a des répercussions au niveau du stress des poissons. Les poissons sont très sensibles à celui-ci et n'aiment pas être manipulés, ni rester hors de l'eau.

     L’administration orale pourrait donner de bons résultats contre des bactéries, champignons et parasites reconnus comme étant responsables de mortalité massive lors de contaminations dans des élevages intensifs, c’est-dire à hautes densités. Comme pour tout vaccin, l’approche étudiée reposent sur la reconnaissance par le système immunitaire d’un agent infectieux auquel il a déjà été confronté.

     Dans l’approche qui suit, l’originalité vient du fait que la molécule utilisée pourrait déclencher la réponse immunitaire et protèger non pas contre une seule maladie, mais contre plusieurs. Il s’agit d’un glucide présent sur la membrane des cellules des organismes pathogènes : le galactose-α-1,3-galactose (ou α-gal). Il est répandu parmi les êtres vivants, mais les humains, oiseaux et poissons ont perdu la capacité de le synthétiser. Lorsque ces derniers sont infectés par un organisme porteur d’α-gal, leur système immunitaire produit des anticorps spécifiques vis-à-vis de cette molécule5.

     Des vaccins expérimentaux pourraient ainsi servir contre plusieurs maladies (expériences réalisée sur des poissons-zèbre, volailles, et porcs6).

     Des études ont également évalué les interactions entre le microbiote7 intestinal des animaux et des agents pathogènes. Des additifs alimentaires ont été utilisé et évalué quant à leur impact en matière de prophylaxie. Ces essais vaccinaux sont des probiotiques qui n’ont pas d’effet indésirable connu sur le microbiote intestinal: des micro-organismes vivants et antigènes inactivés ont été travaillés et administrés oralement pour anticiper d’éventuelle épizooties (mortalités massives).

     Une autre façon d’appliquer la vaccination est l’infiltration sous vide. Il s’agit de placer le poisson dans une chambre en suspension saline d’antigènes viraux ou bactériens. On fait alors subir trois rapides réductions de pression atmosphérique pour revenir rapidement à celle normale permettant aux antigènes d’infuser dans les tissus du poisson. La durée totale du processus prend 2 à 3 minutes tout au plus. Cette méthode a été appliquée expérimentalement à des saumons Coho contre la nécrose hématopoiétique infectieuse (IHN) et contre la vibriose avec de bons résultats. Mais la méthode est relativement coûteuse dû à son équipement, car pour un traitement en masse il faudrait non seulement une grande chambre, mais également une pompe à vide d’air de haute capacité pour pouvoir être efficace ! De plus, pareil traitement risque d’être fatal à certaines espèces d’eaux salées sensibles.

     La procédure de l’infusion pulvérisée (en anglais : spray infusion) peut également être utilisée : les poissons sont retirés de l’eau et on applique une pulvérisation de la solution immune à haute pression.

     Toutefois dans les élevages intensifs d’aujourd’hui, la méthode la plus appliquée est celle de l’immersion instantanées (rapide/temporaire) dans une substance médicamenteuse de façon à ce que le poisson puisse absorber une dose adaptée par osmose.

     Différents types de vaccins existent :

  • des vaccins inactives, qui sont pour l'essentiel des vaccins anti-bactériens produits par fermentation de bactéries suivie d'une inactivation au formol ;

  • des vaccins vivants atténués qui, dans un premier temps, ont été surtout étudiés pour des maladies virales afin d'essayer de pallier la déficience des vaccins tués.

     Bien qu'efficaces par balnéation, ils ne sont pas commercialisés car incompatibles avec les stratégies de contrôle à la fois vétérinaire et environnementale.

     Enfin, avec le développement de la biologie moléculaire de nouveaux types de vaccins sont en cours d’élaboration chez les poissons comme les vaccins recombinants sub-unitaires dont l’efficacité n'a cependant pas encore été démontrée. Par contre, les résultats avec les vaccins à ADN sont très prometteurs et ces derniers devraient dans un avenir proche permettre d'optimiser la vaccination chez les poissons. Le principe est toujours le même et vaut également pour notre organisme humain.

     Toutefois en matière de vaccination, il est une considération qui suscite de sérieuses questions: tient-on suffisamment compte de ce que le "naturel" est capable de réparer (il l'a déjà prouvé dans le passé) et que deviennent certains composants chimiques (les fameux "stabilisateurs") qui font partie intégrale de tous ces vaccins ? Ceux-ci ne sont pas bons pour l'organisme de ces poissons ? N'oublions pas que ces derniers font également partie de notre alimentation... Effets résiduels, toxicité, stockage dans les muscles et autres parties graisseuses du corps, effets nocifs à long terme... Dans ces moments de pandémie, voilà un sujet qui brise pas mal de tabous ...plutôt brûlants avec la présente campagne de vaccination ...qui devrait être beaucoup plus transparente ...et qui dérange aussi une industrie puissante qui se protège et ne veut rien lâcher !

     Cela n'a-t'il pas à voir encore une fois avec notre propre santé ...si ce n'est comme aliment, comme pratique en direct sur nous êtres humains ? Ne vaut-il pas mieux laisser se développer notre propre système immunitaire ...beaucoup plus naturellement !?

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4 Injection d'un médicament dans le péritoine avec une seringue et une aiguille adaptées. Cette action est presque aussi rapide que celle d'une injection intraveineuse.

5 Des membres de l’unité Bipar (Biologie moléculaire et immunologie parasitaires), composée de chercheurs de l’Anses, d’Inrae (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) et de l’École nationale vétérinaire d’Alfort (EnvA), ont fait une synthèse des recherches menées sur les vaccins à base d’α-gal. Leur revue s’est faite en collaboration avec des chercheurs d’Espagne et d’Autriche qui ont fait paraître dans la revue Trends in parasitology « α-Gal-Based Vaccines: Advances, Opportunities, and Perspectives » (A. Hodžić, L. Mateos-Hernández, J. de la Fuente & A. Cabezas-Cruz, décembre 2020).

6 Contre la bactérie Mycobacterium marinum (poissons-zèbre ; outre son intérêt en pisciculture, ce résultat pourrait ouvrir des perspectives de vaccination pour l’homme notamment contre la tuberculose et d’autres bactéries de la même famille), mais aussi contre Aspergillus fumigatus (champignon qui provoque des lésions pulmonaires, notamment chez les dindes et l’homme).

7 Ensemble des bactéries, virus, champignons (levures) et autres micro-organismes présents, ici dans l’intestin humain.

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