Reconnaître la valeur des femmes professionnelles

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Katherin Johnson (en haut, à gauche) / Mary Robinson (en haut, à droite) / Vandana Shiva (en bas)

     Pourquoi un thème du genre dans les professions du monde aquatique ? Elles sont souvent oubliées, car encore trop fréquemment elles ne peuvent accéder à des postes d’influence. Or, à formation ou expérience égale, beaucoup de femmes n’ont toujours pas d’accès à bien à des emplois aux responsabilités supérieures !

     C’est pourtant bien dommage, car beaucoup d’entre elles ont le sens des responsabilités, du travail bien fait et de l’accomplissement final. Le soi-disant sexe « faible » est parfois fort loin du pas capable de faire ! Force est de constater que la plupart du temps elles savent parfaitement ce qu’elles veulent.

     Ici, je ne parle pas de celles qui donnent priorité à une sécurité passive, celles qui aiment se laisser conduire, sans trop se mouiller, déranger ou heurter, ou encore celles qui acceptent tout ce qu’on leurs impose ou sans aller contre ce que la société attend la plupart du temps, de celles qu’on cantonne un peu trop facilement aux caserolles et au ménage. Non, je vise celles qui ont la capacité d’aller plus loin, parfois beaucoup plus revendicatives, celles qui ont des facultés que nous les hommes ne sommes pas toujours prêts à considérer bien en face. Car face à de grandes qualités, l’homme a souvent peur qu’on l’en déloge. Si elles ont certaines facultés supérieures, c’est très souvent parce qu’elles se sont préparées, qu’elles sont particulièrement réalistes et peuvent surtout apporter bien de nouvelles améliorations à notre société. Cela, il ne faut pas le perdre de vue.

     En réalité, les femmes ne sont pas si faibles que cela, au vu de tout ce qu’elles doivent encaisser : elles supportent bien des situations pas toujours faciles et subissent bien des aléas dus au machisme bien ancré dans nos sociétés. Dans bien des cas, elles devraient se situer aux avant-postes de beaucoup d’entreprises, institutions et organisations ...ne fût-ce que par leur intégrité. Dans bien des situations, elles devraient prendre les rennes aussi bien dans le secteur privé que dans le domaine public. Pourquoi ? Parce qu’à équivalence de formation et expériences, elle sont généralement beaucoup plus « centrées » sur les valeurs fondamentales de notre société et défendre les intérêts sociétaux ...qui peuvent avoir des retombées générales.

     Sur notre parcours professionnel en aquaculture et dans le secteur des pêches, nous avons eu, à maintes reprises, l’occasion d’étudier, côtoyer et travailler avec d’excellentes professionnelles. Peut-être que nous avions eu la chance de rencontrer quelques unes d’entre elles qui sortaient visiblement du lot, avec un certain degré de préparation, d’éducation et qui souvent avaient déjà suivi un parcours atypique. Beaucoup ont peur du risque ...et pourtant il est si intéressant quand il peut être, un temps soit peu, bien calculé ! Oser et s’affirmer faisaient partie de leur bagage intellectuel.

     C’était des stagiaires des 2ième et 3ième cycles, ainsi que des étudiantes en formations avancées ...toutes avides d’apprendre, de s’améliorer, de redonner de leur savoir quand expérimentées ...avec toute la rigueur et la précision du travail bien fait.

     Il y avait aussi beaucoup de professionnelles confirmées, des collègues de travail, qui avaient toutes la volonté de progresser lorsqu’elles se sentaient à l’aise avec les techniques utilisées. Elles continuaient à apprendre, payer de leur personne et avoir de l’ambition.

     C’était souvent des jeunes femmes très bien préparées à la fois en biologie et dans le monde aquatique, économique (applications propre aux secteurs aquacole et halieutique), ainsi que dans les sciences sociales (en relation avec le personnel spécialisé). Et nous avons souvent constaté de très grandes valeurs et un fort potentiel surtout lorsqu’elles étaient plus expérimentées.

     Nous avons ainsi conduit des mémoires (thèses/travaux pratiques de fin d’études), nous les avons conseillées, dans certains cas poussées vers la spécialisation ou vers des positions plus intéressantes afin qu’elles puissent s’exprimer pleinement dans des postes plus importants (de direction). Nous avions observé que toutes ces femmes sont capables d’apporter une touche plus féminine, une note plus réaliste et atteindre des objectifs fort intéressants aux retombées multiples.

     Cette constatation s’est vérifiée à maintes reprises et dans la plupart des pays où nous avions apporté notre expertise, une assistance ou une coopération. Ainsi, lorsqu’on parvenait à donner quelques responsabilités à certaines d’entre elles (ce n’était pas toujours évident pour les nombreux préjugés), l’institution en bénéficiait toujours largement.

     Elles étaient surtout effectives dans certains secteurs plus spécialisés encore, comme les laboratoires d’analyses pour le contrôle des eaux (en matière de salubrité), l’évaluation des aliments, notamment concentrés (qualité qui influençait directement la croissance animale), l’anticipation des maladies (parasites, champignons, bactéries, virus, facteurs environnementaux) ...pour ne citer que ceux là.

     Engagement, patience, précision, routine persistante dans les procédures, analyses méticuleuses dans les observations, pouvoir de décision influençant la direction ...toutes ces attitudes étaient extrêmement importantes pour une question de rentabilité, c’est-à-dire en réalité pour éviter de perdre de l’argent investi.

     Malheureusement, le monde est loin d’être parfait et bien d’aprioris restent encore trop ancrés dans nos sociétés. De vieilles mentalités influencent encore trop souvent la prise de décisions. Certaines pratiques transmises par tradition sont devenues dans beaucoup de cas bien obsolètes. Le machisme, c’est-à-dire la supériorité (?) de l’homme, n’en démord toujours pas dans bien des contextes, dans bien des affaires et aussi encore dans bien des pays. On s’imagine toujours que la femme n’est pas capable et que l’homme (physiquement, souvent plus fort ...encore que) est supérieur à la femme…

     Du temps de la préhistoire, cela étaient particulièrement vrai, car les hommes devaient défendre leurs familles, leurs clans, leurs populations contre bien des dangers qui venaient généralement d’animaux féroces, mais également d’humains musclés fort mal intentionnés.

     Mais aujourd’hui, l’humain fait travailler bien plus son cerveau. En fait, il a évolué sur les siècles. Aujourd’hui, il sait mieux gérer plein de situations en faisant travailler ses méninges pour se prémunir et pour atteindre les priorités que la société lui impose.

     Si seulement, l’homme pouvait prendre pleinement conscience qu’il y a des forces, notamment du côté des femmes, pour vouloir changer ses préjugés. Il faut accepter d’autres compétences que les siennes pour améliorer bien des secteurs pour le bien des populations. Comme dit plus haut, la femme entre autres se laisse beaucoup moins perturber et distraire par un tas de « pop-up » (pour prendre une expression du web) qui n’ont rien à voir avec les objectifs imposés et pour dans bien des cas atteindre d’autres fins sociales non moins importants ...même si la règle ne peut être généralisée.

     Pourtant, lorsqu’on connaît un peu le dédale des domaines concernés, il y a de nombreux secteurs relativement spécifiques dans lesquels les femmes excellent. Voici quelques exemples qui ont été heureusement reconnus pour leurs apports aux niveaux régional, national et international :

  • Dans un laboratoire de recherche, la biochimiste US (en Californie) Jennifer Doudna et la microbiologiste française (à Berlin) Emmanuelle Charpentier ont mis au point en 2012 la technique des « ciseaux » génétiques, intitulés CRISPR-Cas9. Ces derniers permettent de couper, remplacer, inactiver et modifier des portions d’hélice ADN, afin notamment de remédier à des anomalies ou apporter des gènes intéressants. Ces "ciseaux" sont indéniablement une avancée fondamentale dans le domaine de l'ingénierie génétique. Leurs idées, patience et ténacité ont eu finalement raison d’offrir un magnifique outil de manipulation génétique. Pour cette importante application, ce binôme féminin a été récompensé en 2020 par un Nobel scientifique en chimie.

  • L’avocate irlandaise Mary Robinson (1944- ) a enclenché des postes prestigieux. Elle fût notamment la première femme présidente de son pays (Eire ; 1990-1997). Puis, elle devint la Haut-Commissaire des Nations Unies (UN) aux droits de l’homme (1997-2002). Ensuite, elle est devenue la « provost » (chancelière ou rectrice) de Trinity College/Université de Dublin (1998-2018).

  • La française Christine Lagarde (1956- ) a su également démontrer un très beau parcours, en occupant notamment d’importantes responsabilités chez Baker & McKenzie, un bureau international d’avocats basé aux U.S.A. (de 1981-2003). Elle fût ensuite nommée à plusieurs postes ministériels en France (dont celui de l’économie, des finances et de l’industrie de 2007-2011). Elle a aussi été la directrice administrative du Fond Monétaire International (ou FMI ; 2011-2019). Enfin, depuis 2019, elle est la présidente de la Banque Centrale Européenne.

  • Aux U.S.A., trois mathématiciennes afro-américaines ont été exceptionnelles : Katherin Johnson (1918-2020), Dorothy Vaughan (1910-2008) et Mary Jackson (1921-2005) ont été des calculatrices hors-paires (face à tous leurs collègues masculins blancs). C’était pourtant durant une période de grande ségrégation raciale et sans l’aide de tous les ordinateurs que nous connaissons aujourd’hui. Elles ont contribué aux programmes aéronautiques et spatiaux de la NASA (National Aeronautics and Space Administration).

Katherine calculait en un temps record la trajectoire de mise en orbite des fusées du programme Mercury et celle de la célèbre mission Apollo 11 en 1969 (premier pas sur la lune).

Dorothy devint la responsable du département de calculs informatiques.

Mary est devenue la première Afro-Américaine ingénieure en aéronautique.

Finalement, toutes trois ont été reconnues ...un peu tardivement (puisque ce ne fût que 46 ans plus tard ...et à titre posthume pour les deux dernières) pour leur travail émérite par les responsables à la tête de la NASA. Aujourd’hui, plusieurs buildings portent fièrement leur nom.

  • En Inde , Vandana Shiva (1952 - ) a établi une banque importante de semences naturelles pour son pays. Cette femme s’est imposée pour réutiliser les graines naturelles, sans passer par la filière industrielle des semences génétiquement modifiées/manipulées (comme Monsanto du Missouri aux U.S.A.) dont la dépendance était beaucoup trop coûteuse pour les modestes paysans de son pays.

Pour l’œuvre de sa vie, elle a reçu le prix Nobel alternatif en 1993.

  • Au Kénya, la députée écologiste Wangari Muta Maathai (1940-2011) a créé en 1977 le « Mouvement de la ceinture verte » (Green Belt Movement) en réaction au phénomène de déforestation et d'érosion des sols. Elle s’est acquise la collaboration des femmes villageoises dans son pays, car ce sont ces dernières qui sont chargées de collecter le bois pour alimenter le foyer et le fourrage pour les animaux. Or, avec la déforestation, ces ressources se sont raréfiées, obligeant les femmes à parcourir des distances de plus en plus grandes.

Son mouvement a donc planté de plus en plus d’arbres qui sont devenus de véritables ceintures vertes autour des villes et des villages pour répondre à ce problème quotidien des femmes kényanes.

En 2004, elle a été récompensée par un prix Nobel pour ses inlassables efforts en contribuant au développement durable, à la démocratie et à la paix dans son pays.

     Même si toutes étaient préparées, c’étaient tout de même des femmes ...avec des qualités, leurs valeurs et une volonté inébranlable de constamment bien faire.

     Mais revenons à un niveau plus modeste. Il ne faut pas aller au sommet de la pyramide professionnelle, pour observer la responsabilité de bien des femmes professionnelles pour exercer leur travail : elles sont capables d’abattre les tâches les plus lourdes et de gérer leur stress en bien des circonstances. Ne sont-elles pas celles qui parviennent à mener de front leur ménage, les repas, la mise au monde de leurs enfants, les études de leurs enfants, l’attention aux plus anciens dans leurs familles (comme les grands-parents) ...fréquemment aujourd’hui avec toutes leurs responsabilités professionnelles !

     L’homme est très loin de pouvoir cumuler autant de responsabilités, même s’il parvient dans certains cas à soulager/décharger les tâches de son élue.

La femme célibataire qui travaille doit également faire face à toutes ces charges conduisant à l’épanouissement de ses enfants ...dans bien des cas, toute seule !.

     C’est aussi la raison pour laquelle il est injuste d’observer toutes ces disparités de salaires entre hommes et femmes à éducation et expériences équivalentes. Certains prétendent que les absences sont plus importantes du côté des femmes, notamment pour les congés de maternité. Beaucoup d’hommes s’absentent également pour un tas d’autres raisons ou prétextes, même s’il ne faut pas en faire une généralisation. Néanmoins, souvent, les femmes redoublent leur force à la reprise de leur travail. Ces femmes sont surtout motivées lorsque elles sont propulsées à des postes (à haute) responsabilité. Et leurs décisions ont fréquemment des retombées intéressantes pour faire progresser, non seulement les bénéfices comptables/financiers de l’entreprise, mais également certains aspects sociaux dont dépendent les premiers !

     Aux Amériques, en Asie, Afrique et Europe, nous avons souvent pu observer d’importantes aptitudes chez les femmes professionnelles avec lesquelles nous menions des activités dans l’environnement aquatique. L'approche féminine est parfois fort différente de celle des hommes ...intelligence complémentaire qui aide dans bien des cas à concrétiser bien des orientations.

     Ainsi, il ne faut jamais sous-estimer la femme dans ce qu’elle est capable d’offrir pour avancer dans la spécialisation.

     Je crois personnellement que nos sociétés bénéficieraient largement de donner plus de confiance et responsabilité aux femmes qui ont un niveau de formation supérieure ou étant passées par des expériences reconnues par ses pairs. Non seulement, elles ont souvent prouvé leur valeur pour faire face à bien des situations, mais elles sont aussi capables d’apporter une note personnelle (bien à elles1) pour améliorer le cadre dans lequel nous vivons.

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1 Un simple exemple : en Suède, l’usine Volvo a fait appel en 2001 à des stylistes féminines pour une gamme de nouvelles voitures (modèles à venir). Elles redessinent la forme des feux arrières de ces voitures avec un style qui perdure depuis une vingtaine d’années.

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Cette forme atypique (ressemblant à un club de golf ou une ébauche de celle-ci) a même été reprise par d’autres marques pour le franc succès de ce détail unique.

Quelle est le troisième caractère du mot 3d6ge1a ?

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