Quelques sources d’inspiration pour développer tout projet

Rédigé par Aquideas Aucun commentaire
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Voici quelques points (non restrictifs) à considérer pour monter un projet privé dans le secteur considéré.

     (1) Lorsqu’on est nouveau en aquaculture (pisciculture, comme la salmoniculture; crevetticulture, astaciculture; écloserie, etc.), informez-vous d’abord sérieusement sur le sujet. N’exerce pas cette activité n’importe qui ! Quelques sources intéressantes peuvent être trouvées dans les livres, documents techniques ...et surtout grâce à votre formation et expériences.

     (2) Visitez un certain nombre de productions privées, car généralement vous aurez affaire à des personnes motivées qui se sont développées à la force de leur envie de réussir et qui ont utilisé du matériel et des équipements, peut-être moins nouveaux qu’en d’autres endroits, mais qui fonctionnent tout aussi bien. Par contre, leur investissement sera en général beaucoup moins lourd à récupérer. De plus, ils ont tous un budget basé sur leurs économies et trouvent généralement beaucoup d’astuces payantes pour arriver à leur fins. Ceci est important, car de nombreux obstacles se dressent sur tous ces parcours professionnels (administration, banque, assurances, concurrences, etc.).

     (3) Vous pouvez éventuellement visiter des installations et certaines écloseries d’institutions publiques (comme des collèges, laboratoires universitaires ou unités étatiques), mais ne vous laissez pas impressionner par leurs infrastructures et équipements. Ils servent avant tout pour les étudiants, professeurs et fonctionnaires, et qui sont généralement sous-utilisés et coûtent excessivement chers. De plus, ils sont financés par l’administration dont les budgets annuels se font sur nos prélèvements dans le secteur privé (impôts, taxes, cotisations professionnelles obligatoires, etc.). Ce type de visite peut néanmoins être utile et vous donner quelques idées plus précises pour monter votre propre infrastructure (comme une écloserie) tout en ayant à l’esprit que dans la réalité de tels investissements sont rarement copiés, car peu fonctionnels pour pouvoir les amortir dans le cadre d’une activité privée !

     (4) Restez toujours réaliste face à ce que l’on vous montre, avance ou suggère. Comparez avec ce que vous avez entendu dire en d’autres lieux et à votre propre manière de voir les choses. Analysez les choses et prenez ce qui vous semble utile pour votre propre usage.

En visitant les raceways dans le Idaho State (pas seulement la pisciculture géothermique de Leo Ray dans l’article précédant, mais également les immenses exploitations piscicoles de l’article intitulé Communiquer entre biologistes et ingénieurs publié le 1er mars 2024), celui qui visitait ne se faisait aucune illusion : même s’il n’avait jamais rien regretté de les avoir observées pour un tas de détails, leurs productions s’inscrivaient dans un cadre/environnement particulier ...et il en était pleinement conscient: ce contexte n’était pas transposable en d’autres lieux! Mais, il avait eu affaire à des professionnels qui avaient tous su s’adapter aux caractéristiques, avantages et inconvénients locaux. C’était cela qui l’interpelait : une façon de faire en tenant compte de toutes leurs contraintes régionales1 !

     (5) Apprenez à observer – Lorsque vous avez déjà quelques années d’expérience, vous discernez aussi plus facilement l’utile du superflus.

     Pourquoi agir de cette manière ? Tous ces professionnels visités dans le secteur privé avaient au début de leur challenge affecté leurs fonds pour construire quelque chose de viable …sans se laisser impressionner par le « beau », l’« impressionnant » et surtout le « superflus ». Ensuite, ils avaient développé sur du solide, une base sur laquelle ils pouvaient avoir confiance. Dans une université ou une écloserie publique, les gens qui manipulent les équipements connaissent parfois (pas toujours) la technique ou la méthodologie à appliquer. Néanmoins, la majorité d’entre eux ignorent trop souvent la valeur économique des infrastructures et du matériel qu’ils manipulent. Parfois, c’est même franchement anti-économique s’ils devaient se mettre à leur propre compte !!! Or les fonds sont le nerf de toute activité lucrative, c’est-à-dire qui paie l’investissement et qui vous donne au final un bénéfice. Combien de fois n’avons-nous pas constaté cela par où nous sommes passés, de par le monde comme en Europe.

     Apprendre à observer ce qu'il y a autour de vous ...avant de s’engager est donc très important. Après des études intéressantes, on croit à tord que l’on possède de grandes connaissances. En fait, en entrant dans le monde du travail, on commence seulement à apprendre les points fondamentaux qui pourront vous servir. Dans nos cas, c’est surtout l’Amérique Latine qui nous a ouvert les yeux sur ce qui pouvait être utilisable dans notre propre environnement : recycler et surtout bien utiliser les ressources à d’autres fins pour lesquelles elles étaient habituellement conçues/destinées au départ.

     Détecter-concevoir-adapter, puis réaliser d’abord petitement.

     Ensuite, établir-sécuriser-développer le business.

     Car une très grosse partie est liée aux fonds (l'argent) disponibles, même si vous êtes dédié à la cause ...si vous êtes un passionné, comme beaucoup de gens disent. Il faut de toute manière faire avec vos économies ...qui certes ne tombent pas du ciel !

     Approche bien différente que de simplement acheter du neuf qui augmente considérablement les budgets/l’investissement.

     En observant, vous apprenez plein de détails ...qui sont plus importants que vous pourriez l’imaginer. Et lorsque vous avez déjà quelques années d’expérience sur le terrain, si vous apprenez de vos erreurs, cela doit être payant sur le long terme. C’est la raison pour laquelle nous n 'avons jamais été déçus par la façon de progresser : au lieu de faire des études d’un seul trait (comme trop souvent, on pousse les jeunes à le faire en Europe), progressez par étape : étudiez du théorique pendant quelques années ; arrêtez-vous et plongez-vous dans le monde du travail pendant un ou deux ans ...vous deviendrai ainsi plus réaliste ; reprenez vos études en les orientant vers ce qui vous intéresse plus particulièrement ; retourné dans le monde du travail ; si vous en sentez le besoin, allez vers l’hyper-spécialisation et finissez votre enseignement théorique …vous serez bien mieux armé ! De fait, constatez vous-même la quantité d’étudiants qui étudient quelque chose et qui travaillent dans un autre secteur.

     Gaspillage en temps de formation inutile.

     Coûteux puisque perte d’argent/investissement dans les études.

     Manquement d’expertises pour la communauté.

     Il y a des sociétés qui ont compris cela depuis des siècles et c’est pourquoi elle progresse plus rapidement !

     Vous me rétorquerez que dans la vie, on n’a bien souvent pas le choix. Je vous répondrai que lorsque vous êtes convaincu de quelque chose, vous ferez tout pour y arriver. Je n’ai pas dit que ce parcours est simple et facile : très peu de gens reçoivent une voie toute tracée, sans grand effort (même si nous en connaissons) ! La plupart doivent se battre pour y arriver, mais ils le font car ils en voient les bénéfices, la joie de pouvoir progresser dans l’orientation choisie (retombées personnelles) et derrière tout cela une contribution au développement de la communauté (impacts sociaux).

     Anecdote – Un jour, le père de l’un de nous a réuni ses sept enfants et a dit que jamais il ne leurs imposerait une orientation professionnelle particulière. Il a néanmoins ajouté : choisissez en toute connaissance ce vers quoi vous souhaitez vous former, mais intéressez-vous à votre secteur et soyez bon/compétent dans ce que vous ferez. Au final, nous avons pris sept orientations bien différentes, mais tous se sont maintenus et exprimés dans chacune de leurs voies, ce qui les ont rendus heureux ! Je crois aussi que la communauté en a également bien profité !

     (6) Ne brûlez pas les étapes pour progresser. A chaque échelon, on emmagasine bien des choses pouvant servir pour plus tard et avec plus de responsabilités. Vous prendrez alors des décisions avec plus de réalisme, plus d’humanisme, fort probablement aussi pour le bénéfice de la communauté.

     Certains veulent brûlez les étapes, beaucoup veulent devenir riche rapidement. Vous seriez bien surpris de la quantité d’entreprises qui déposent leur bilan pour un tas de raison : on parle beaucoup des quantités d’entreprises qui se créent ...comme argument politique, mais on ne parle jamais de celles qui sont mises en liquidation judiciaire !

     Un bon conseil : commencez petitement et développez-vous lentement.

     Beaucoup ont ainsi fait leur chemin et ils sont aujourd’hui toujours en activité, malgré les récessions monétaires (comme en 2008), tempêtes (1989, 2010), inondations (2023, 2024), pandémies (Covid), intoxications (ventes en baisse) et nombreuses autres difficultés de parcours.

     Dans ses conférences, symposiums et vulgarisation écrites, Leo Ray aimait rappeler l’acronyme KISS2 qui veut dire « Keep It Simple, Stupid ! » ...en d’autres termes, restez peu compliqué ...pour être facilement réparable et peut-être pouvoir accéder au développement plus facilement.

     Et d’ajouter : si vous voulez élever des poissons pour devenir riche, vous irez probablement vers la faillite ; par contre, si vous voulez vraiment relever le défi d’un élevage piscicole, vous deviendrez peut-être riche.

 

Référence :

  • Channel catfish production in geothermal water, Leo Ray, Bio-engineering symposium for fishculture, 1981.

  • Notes personnelles sur la récupération calorifique des eaux géothermiques, notamment entre la France et la Belgique, 1986.

  • Notes sur la visite privée à la pisciculture de Leo Ray dans l’État d’Idaho, USA, 1982

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1 Pour ne citer que quelques-uns - Avantages : environnement des plus sains, abondance d’eaux résurgentes (sources importantes, présence de nappes géothermiques), managers expérimentés, etc. / Inconvénients : investissement plus lourd, éloignement de centres urbains (grande distance à parcourir pour vendre), disponibilité d’un personnel qualifié, etc.

2 KISS a d’abord été utilisé dans la US Navy en 1960, puis repris en 1970 par Kelly Johnson, un ingénieur aéronautique US reconnu.

Quelle est le troisième caractère du mot wu0b57fm ?

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