Otolithes chez les poissons

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Otolithes de morue du Pacifique (Gadus macrocephalus)
[ Note : la monnaie de référence (grandeur) = 1,791 cm ]

L'otolithe vient
d’ « othos »  c’est-à-dire d’oreille en grec
et
de « lithos » ou pierre

Que sont exactement les otolithes ?

     Un otholite est une concrétion minérale trouvée dans le système vestibulaire1, ou utricule, de l‘oreille interne des vertébrés, comme dans l’oreille d’un homme. Chez le poisson2, les otolithes sont aussi appelés :

  • pierres d’oreille,
  • lapillus dans l’utricule (= vésicule dans la partie supérieure),
  • sagitta dans le saccule (= première vésicule inférieure), ou
  • asteriscus dans la lagéna3 (= seconde vésicule inférieure).

     Les deux dernières vésicules sont interconnectées. Il y en a donc trois de chaque côté et à l’arrière des yeux. 

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ESQUISSES/DIAGRAMMES

Au-dessus : à gauche, oreille interne chez les poissons salmonidae (comme les truites et saumons),

à droite, cyprinoïdae (comme les carpes et carassins) (source : von Frisch , Brown, 1957);

Au milieu : coupes latérales (source : Dijkgraaf, Grassé, 1958);

En bas : vue en plan d’une tête de vairon (poisson d’eau douce) (source : von Frisch, Young, 1950).

     Les otolithes sont des cristaux de carbonate de calcium (CaCO3) fixés dans une masse gélatineuse, la membrane otoconiale (membrane tectoria) qui repose sur des cellules sensorielles ciliées.
 
Où les trouve-t’on ?

     Ces petites structures blanches sont logées dans la tête des poissons un peu en arrière de chaque œil.

A quoi servent-ils ?

     Ils servent pour l’équilibre de ceux-ci, un peu comme dans l’oreille interne humaine. Mais ils participent aussi à la réception des sons qui sont amplifiés dans les vésicules.
     C’est un organe important pour comprendre le développement du poisson.

     En effet, le biologiste observera des épaississements de croissance, plus lente ou plus rapide, témoins de moments favorables ou plus difficiles pour atteindre des étapes de vie. Le constat est réalisé par l’observation d’un ensemble des stries de croissance, ou annuli, témoins du développement depuis l'éclosion jusqu'à sa mort.

     Cet organe est utilisé, entre autres, pour la classification taxonomique.

Les trouve-t’on chez tous les poissons ?

     Non, surtout chez les poissons téléostéens4 (osseux), pas chez les organismes cartilagineux comme les raies et les requins, ainsi que chez les lamproies.

Comment les traiter pour en sortir une information ?

     Comme il s’agit de très petits corps calcaires (surtout au début du développement des poissons), les anneaux ne sont observables principalement qu'au microscope optique. Pour examiner les microstructures d'otolithes, on fait des coupes extrêmement fines pour en découvrir les anneaux (pousses) internes. Ensuite, on les polit, observe sous la lumière et utilise un système d'analyse d'image capable de faire des distinctions et localiser des spécificités et anomalies.

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Otolithe de sole (Solea solea)

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Otolithe de Xénistius pulcheri (poisson fossile  du Lutécien inférieur)

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Stries d’otolithe avant et après observation à l’analyse d’image

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Otolithe poli et coloré (Institute of Marine Research, Storebø, Norvège)


     Souvent ces couches (stries, cernes) concentriques ne sont pas complètes. C’est la raison pour laquelle on prend en compte la longueur de l'axe et la netteté des accroissements pour se consacrer au déchiffrage. C’est en comparant la proximité ou l’éloignement de ces anneaux qu’on peut déduire les périodes favorables et difficiles de croissance. C’est un peu comme les anneaux de croissance sur les écailles de poisson ou les lignes de croissance que l’on découvre sur la coupe d’un arbre.

     Enfin, des techniques chimiques et analyses isotopiques permettent ainsi de révéler l’espèce précise, l’année d’éclosion, son évolution larvaire, le milieu de vie dans lequel le poisson se développe (notamment lié aux températures de l’eau), les voies de migrations et l’étude de populations et prédateurs.

     Toutes ces techniques sont fort utiles également lorsqu’il s’agit de poissons vivant dans les abîmes et dans l’étude d’espèces fossiles.

Références :

  • Acuarama : anatomia y fisiologia de los peces, S.S. Aries, Littec ediciones, Argentina, 1977.
  • dfo-mpo.gc.ca
  • fishlarvae.org
  • fr.wikipedia.org
  • futura-sciences.com
  • Ichthyology, K.F. Lager, J.E Bardach, R.R. Miller & D.R. May Passino, John Wiley & Sons ed., 1977.
  • Measurement & interpretation of the microstructure of fish otoliths : otolith microstructure examination and analysis, S.E. Campana, Can. Spec. Publ. Fish. Aquat. Sci. 117, 1992.

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1  Organe sensoriel très sensible de l’oreille interne qui a avoir avec la notion d’équilibre chez la plupart des mammifères. Il est notamment constitué d’un labyrinthe, composé de canaux semi-circulaires de l’utricule et du saccule.

2  Les poissons n’ont qu’une oreille « interne » ...pas d’oreille « externe » comme chez l’homme (avec un pavillon, un tympan, un tambour, une petite chaîne d’os composée d’un marteau, une enclume et un étrier, et même d’une cochlée, qui est un organe creux en forme d'escargot, rempli d’un liquide, ou endolymphe, qui sert la dernière étape de l'intégration du son avant le nerf auditif). Donc, ce sont les tissus du corps qui transmettent les vibrations chez le poisson : les ampoules fonctionnent plus comme des vésicules de résonance, mais elles ne servent pas qu’à cela.

3  La fonction principale de la lagéna est la détection des ondes sonores et la transmission de ces informations au cerveau.

4  Exemples : la truite, la carpe, le maigre, la daurade, la morue, le hareng, l’esturgeon ou l’anguille.

Quelle est le cinquième caractère du mot ezf74ys8 ?

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